
Un champ de silence pourpre et de douceur voilée, Où le monde s'estompe en une paix immaculée. La lavande s'élève, dense forêt des songes, Ses épis sont des cierges que la brume prolonge.
En premier plan, une tour d'un violet sans fard, Détient la mémoire pure de l'arôme et du nard. Autour d'elle, ses sœurs, spectres de velours doux, Flottent dans la lumière, ni claires ni jaloux.
C'est un tableau vivant où l'œil se perd sans peine, Dans cette vague mauve qui le vent retient à peine. Le cœur y cherche l'abeille, l'été, la senteur sèche, L'endroit où la couleur la plus belle s'accroche